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Histoire de l’insomnie

Quelles sont les origines de l’insomnie ? Comment est-ce qu’on l’interprétait et la guérissait à l’époque versus aujourd’hui ?

MIS À JOUR PAR
Myriam Albai
18/11/2021

L’insomnie est l'un des troubles du sommeil les plus répandus.  Elle représente un réel problème de santé publique, et touche environ 15 à 20 % de la population. 

Véritable fléau de nos sociétés modernes, elle ne date pourtant pas d’hier…

L’insomnie : un trouble du sommeil qui a toujours existé

Les problèmes d’insomnie sont en augmentation constante. Pour autant, est-ce que ce trouble du sommeil est la conséquence de nos modes de vie où tout va si vite ? Est-ce que nos ancêtres dormaient mieux ?

Les raisons de l’insomnie à travers les âges

L’excès de bile noire ?

Les hommes et les médecins ont,  il y a longtemps, cherché à comprendre le sommeil et ses troubles. Dès l’Antiquité, Hippocrate, le célèbre philosophe grec considéré comme « le père de la médecine », attribuait l’insomnie à l’excès de « bile noire ».

Bon à savoir : La bile noire, sécrétée par la rate, vient du grec, et signifie mélancolie → kholia : bile ; melanos : noire. Hippocrate liait donc mélancolie et insomnie.


Un excès de chaleur dans le corps ?

Pour Aristote, autre grand penseur de l’Antiquité, l’incapacité à dormir était due à un excès de chaleur dans le corps. Une croyance qui persista jusqu’à la Renaissance. L’insomnie se soignait alors par des bains froids. 

Bon à savoir : La température du corps baisse pour faciliter l’endormissement. L’analyse d’Artistote n’est donc pas dénuée de sens.


Insomnie : les remèdes historiques

Les plantes, remèdes ancestraux de l’insomnie

Déjà à l’époque, les hommes cherchaient des remèdes pour lutter par exemple contre les difficultés d’endormissement. L’utilisation de plantes réputées sédatives (camomille, valériane, mélisse) était courante. ‍

L’opium, ce somnifère d’antan…

Dans l’Antiquité, jusqu’au début du XXe siècle, les sirops et vins médicinaux à base d’opium étaient en vente libre. Il y a 5 000 ans, les Sumériens (l’une des premières civilisations de l’humanité) utilisaient déjà l’opium pour trouver, ou retrouver, le sommeil. Plus tard, les mères n’hésitaient pas à en donner aux enfants pour qu’ils fassent leurs nuits.

Hypnos, le dieu du sommeil de la mythologie grecque, est représenté avec une fleur de pavot, d’où provient l’opium. ‍

Source : zayzaylivingblog.com


À partir du XVIIe siècle et jusqu’au XIXe, l’opium envahit littéralement l’Europe. Son nom de l’époque : le laudanum, sorte de potion magique, est présente dans tous les foyers qui peuvent se le permettre. Cette préparation servait aussi bien à retrouver les bras de Morphée (ou plutôt, à s’effondrer dedans), qu’à traiter les douleurs ou même la toux.

L’insomnie, un terme inventé par le monde moderne ?

Jusqu’à la fin du XIXe siècle, la norme était le sommeil dit « fragmenté ». Une norme à mille lieues de notre vision du sommeil aujourd’hui qui s'effectue d'une traite.‍

Le sommeil fragmenté, une autre vision de la nuit

Avant la révolution industrielle de la fin du XIXe siècle, les réveils nocturnes n’étaient pas considérés comme un problème. Ils étaient la norme. Il faut saisir qu’à cette époque, la nuit était le seul moment de liberté après une dure journée passée à un travail physique souvent épuisant.

La nuit de sommeil en deux temps de nos aïeux se présentait ainsi : 


  • ils se couchaient relativement tôt, 
  • dormaient quelques heures, 
  • se relevaient au milieu de la nuit pour se livrer à leurs occupations / vivre des moments de convivialité, 
  • se recouchaient pour quelques heures et finir leurs nuits 

Bon à savoir : L’Homme avait un sommeil encore plus morcelé à l’époque préhistorique, en raison de la chasse et des dangers qu’elle suscitait.

La science du sommeil et l’insomnie

L'évolution des habitudes de sommeil

Le terme insomnie n’est apparu qu’après la révolution industrielle, et le sommeil continu est devenu la norme.

Quelques raisons à ces changements : 


  • La transition d’une société agraire à une société industrielle ; 
  • Les nouveaux rythmes de travail ; 
  • L’apparition de l’éclairage artificiel. 

Mais les recherches et découvertes scientifiques sur le sommeil ont également largement induit une nouvelle vision de nos nuits.

Bon à savoir : Dans les années 50, les scientifiques ont démontré l’existence d’un rythme veille/sommeil, le fameux rythme circadien. C’est la naissance du concept d’horloge interne, aussi appelée horloge biologique.

Les découvertes scientifiques sur les phases de sommeil

Au fil des années, les études n’ont cessé de prouver qu’un manque de sommeil avait des conséquences délétères sur la santé. Mais ces études ont également démontré que le sommeil était une chose complexe. 

Grâce à l’électroencéphalographie, les chercheurs ont pu observer des modifications de l’activité électrique cérébrale et en déduire l’existence de plusieurs phases de sommeil :  

  1. l’endormissement ;
  2. le sommeil lent léger ;
  3. le sommeil lent profond ;
  4. et le sommeil paradoxal.


Chacune de ces phases est importante : une bonne nuit ne se résume pas à une addition d’heures de sommeil, mais à une bonne succession d’épisodes, aussi appelés cycles de sommeil.

L’insomnie qui jusque-là était considérée comme un symptôme est devenue une maladie à part entière, touchant de plus en plus de monde. 

L’insomnie aujourd’hui : le gros problème de l’overdose de somnifères

Les autorités sanitaires s’inquiètent de la consommation abusive de somnifères, notamment des benzodiazépines. En 2015,  plus de 64 millions de boîtes étaient vendues, ce qui place la France en triste seconde position européenne, après l’Espagne.

La peur de ne pas dormir, point de départ de l’insomnie ?

L'injonction de sommeil

Il a été démontré que des gens qui n’avaient aucun problème de sommeil, et auxquels on demandait de s’endormir rapidement, mettaient plus de temps à y parvenir, voire n’y arrivaient tout simplement pas.

L’injonction de sommeil est l’un des pires ennemis de l’endormissement. Si l’on parvient à se détendre, et à détacher son esprit de la nécessité de dormir, on finit par trouver le sommeil. Plus facile à dire qu’à faire néanmoins…

L'angoisse au moment du coucher

L’angoisse de ne pas dormir, lorsque l’on se sait déjà insomniaque, contribue fortement au fait de ne pas réussir à trouver le sommeil. On se réveille, et comme nous connaissons déjà ce phénomène, nous partons du principe que nous n’allons pas y arriver.

Il apparaît alors facile de se tourner vers les somnifères, solution tentante et souvent de prime abord efficace.

Les somnifères provoquent une dépendance psychologique en même temps qu’une accoutumance physiologique. En prendre sur le long terme est loin d’être anodin et peut s'avérer mauvais pour la santé.

Comment faire pour dormir sans médicament ?

Il est possible de vaincre l’insomnie sans médicament. Prendre soin de son hygiène de vie et pratiquer une activité physique régulière, font partie des conseils qui peuvent sembler basiques mais qui constituent le point de départ d’un retour au sommeil durable.


Contre l’insomnie, il existe une solution non nocive et bien plus efficace que les somnifères : la thérapie cognitivo-comportementale. Première méthode recommandée par la Haute Autorité de Santé (HAS), elle guérit 9 insomniaques sur 10.

Notre thérapie en ligne, fondée sur cette approche, sera bientôt disponible. Basée sur la modification des pensées et l’adaptation de votre mode de vie, elle permet de retrouver des nuits réparatrices en quelques semaines.

 

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