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Tout savoir sur l'insomnie

Son histoire, les remèdes, les causes, Sleepie, spécialiste du sommeil, vous explique tout. 

Photographie de Sandra Baliozian
MIS À JOUR PAR
Sandra Baliozian
20/01/2020

L’insomnie est l'un des 3 troubles du sommeil qui forment les dyssomnies. Il représente un réel problème de santé publique. Selon la forme plus ou moins grave rencontrée, elle touche environ 15 à 20 % de la population.

Véritable fléau de nos sociétés modernes, les difficultés d’endormissement et les réveils nocturnes fréquents suivis d’une incapacité à se rendormir ne datent pourtant pas d’hier…

L’insomnie : un trouble du sommeil qui a toujours existé

Les somnifères, également appelés hypnotiques, font partie des médicaments les plus consommés en France. Ils sont pour la plupart des benzodiazépines, dont les molécules agissent sur le système nerveux central. Leur consommation est particulièrement surveillée par les autorités sanitaires.

L’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé) l’affirme : notre consommation de benzodiazépines est trop élevée.


Ce recours massif aux somnifères pousse aujourd’hui à qualifier l’insomnie d’ « épidémique ». Pour autant, est-ce que ce trouble du sommeil se résume à être la conséquence de nos modes de vie où tout va si vite ? Trop vite ? Est-ce que nos ancêtres dormaient mieux ?

Le sommeil, ses troubles et ses remèdes à travers le temps

Les hommes et les médecins ont il y a longtemps cherché à comprendre le sommeil et ses troubles. Dès l’Antiquité, l’insomnie existait. Hippocrate lui-même - ce célèbre philosophe grec considéré comme « le père de la médecine » et à qui l’on doit le fameux serment d’Hippocrate - en parlait, et l’attribuait à l’excès de « bile noire ».

Pour Aristote, autre grand penseur de l’Antiquité, l’incapacité à dormir était due à un excès de chaleur dans le corps. Une croyance qui persista jusqu’à la Renaissance. L’insomnie se soignait alors par des bains froids.

Il est d’ailleurs vrai que pour bien dormir il est recommandé de se trouver dans une pièce relativement fraîche (environ 18 degrés), car la température du corps s'abaisse lorsque nous nous endormons.

Mais déjà les hommes cherchaient des remèdes plus « efficaces » pour lutter par exemple contre les difficultés d’endormissement. L’utilisation de plantes réputées sédatives (camomille, valériane, mélisse) était courante. Et plus courante encore, la consommation de sirops et de vins médicinaux, en vente libre et à base d’opium…

L’opium, ce somnifère d’antan…

Dans la représentation d’Hypnos, le dieu du sommeil de la mythologie grecque, on aperçoit la fleur de pavot d’où provient l’opium. Il y a 5 000 ans, les Sumériens (l’une des premières civilisations de l’humanité) utilisaient déjà l’opium pour trouver, ou retrouver, le sommeil. Plus tard, les mamans n’hésitaient pas à en donner aux enfants pour qu’ils fassent leurs nuits.

À partir du XVIIe siècle et jusqu’au XIXe, l’opium envahit littéralement l’Europe. Son nom de l’époque : le laudanum, sorte de potion magique, est présente dans tous les foyers (en tout cas chez ceux qui en ont les moyens). Cette préparation servait aussi bien à retrouver les bras de Morphée (ou plutôt, à s’effondrer dedans), qu’à traiter les douleurs ou même la toux. 

La qualité du sommeil a toujours été une préoccupation majeure, dans toutes les sociétés. Pourtant, on ne parlait pas encore véritablement d’insomnie car le terme n’existait pas.

L’insomnie, un terme inventé par le monde moderne ?

Même si nos ancêtres cherchaient à s’assommer à coup d’opium, jusqu’à la fin du XIXe siècle, la norme était le sommeil dit « fragmenté ». Une norme à mille lieues de notre vision du sommeil aujourd’hui qui s'effectue d'une traite, et sans aucun réveil au cours de la nuit.

Le sommeil fragmenté, une autre vision de la nuit

Avant la révolution industrielle à la fin du XIXe siècle, les réveils nocturnes n’étaient pas considérés comme un problème. Ils étaient la norme. Pour le comprendre, il faut saisir qu’à cette époque, la nuit était le seul moment de liberté après une dure journée passée à un travail physique souvent épuisant.

Ainsi, nos aïeux se couchaient relativement tôt, dormaient quelques heures, puis se relevaient au beau milieu de la nuit pour se livrer à leurs occupations et vivre des moments de convivialité. Ils se recouchaient ensuite et finissaient ainsi leurs nuits. On parlait alors de sommeil en deux temps, une chose qui n'est pas très répandue de nos jours.

Cela est encore plus vrai si l’on remonte à l’époque préhistorique, période pendant laquelle l’Homme avait un sommeil morcelé en raison de la chasse et des dangers qu’elle suscitait. 

La science du sommeil et l’insomnie

L'évolution des habitudes de sommeil

Le terme d’insomnie n’est apparu qu’après la révolution industrielle, et est venu stigmatiser les réveils nocturnes et instaurer le sommeil continu comme normalité. 

Bien sûr, la transition d’une société agraire à une société industrielle n’est pas étrangère à cette évolution.

Les nouveaux rythmes de travail et l’apparition de l’éclairage artificiel ont, en quelque sorte, imposé le sommeil continu.

Mais les recherches et découvertes scientifiques sur le sommeil ont également largement influencé cette nouvelle vision de nos nuits.

Bon à savoir : Dans les années 50, les scientifiques ont démontré l’existence d’un rythme veille/sommeil, le fameux rythme circadien. C’est la naissance du concept d’horloge interne, aussi appelé horloge biologique.

Les découvertes scientifiques sur les phases de sommeil

Au fil des années, les études effectuées n’ont cessé de prouver qu’un manque de sommeil avait des conséquences délétères sur la santé. Mais ces études ont également démontré que le sommeil était une chose complexe.

Grâce à l’électroencéphalographie, les chercheurs ont pu observer des modifications de l’activité électrique cérébrale et en déduire l’existence de plusieurs phases de sommeil :  

  1. l’endormissement ;
  2. le sommeil lent léger ;
  3. le sommeil lent profond ;
  4. et le sommeil paradoxal.

Chacune de ces phases est importante : une bonne nuit ne se résume pas à une addition d’heures de sommeil, mais à une bonne succession d’épisodes, aussi appelés cycles de sommeil

L’insomnie qui jusque-là était considérée comme un symptôme est devenue une maladie à part entière, touchant malheureusement de plus en plus de monde. Il convient donc avant tout, de chercher les causes de l'insomnie pour pouvoir être traitée.  

L’insomnie aujourd’hui : le gros problème de l’overdose de somnifères

Les autorités sanitaires s’inquiètent de la consommation abusive de somnifères, notamment des benzodiazépines. En 2015,  plus de 64 millions de boîtes étaient vendues, ce qui place la France en triste seconde position européenne, après l’Espagne.

La peur de ne pas dormir, point de départ de l’insomnie ?

L'injonction de sommeil

Il a été démontré que des gens qui n’avaient aucun problème de sommeil, et auxquels on demandait de s’endormir rapidement, mettaient plus de temps à y parvenir, voire n’y arrivaient tout simplement pas. L’injonction de sommeil est l’un des pires ennemis de l’endormissement. Si l’on parvient à se détendre, et à détacher son esprit de la nécessité de dormir, on finit par trouver le sommeil. Plus facile à dire qu’à faire néanmoins…

L'angoisse au moment du coucher

Par ailleurs l’angoisse de ne pas dormir, lorsque l’on se sait déjà insomniaque, contribue fortement au fait de ne pas réussir à trouver le sommeil. On se réveille, et comme nous connaissons déjà ce phénomène, nous partons du principe que nous n’allons, comme d’habitude, pas y arriver, et envoyons ainsi un très mauvais message au cerveau. Il apparaît alors facile de se tourner vers les somnifères, solution tentante et souvent de prime abord efficace.

Les somnifères provoquent une dépendance psychologique en même temps qu’une accoutumance physiologique. En prendre sur le long terme est loin d’être anodin et peut s'avérer mauvais pour la santé.

Comment faire pour dormir sans pilules ?

Il existe différentes solutions pour retrouver un sommeil de qualité. Prendre soin de son hygiène de vie et pratiquer une activité physique régulière, par exemple, sont des conseils qui peuvent sembler basiques mais qui constituent le point de départ d’un retour au sommeil durable.

Un autre conseil serait de dédramatiser la situation. Car finalement, le stress intense associé à l’insomnie cause lui aussi des dégâts sur la santé, et est très pernicieux car il nous conditionne à ne pas dormir. Il est donc aussi intéressant d'apprendre à se détendre avant de dormir pour évacuer son stress et aborder sa nuit plus sereinement.

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