6 minutes de lecture

Ménopause et insomnie : Quel impact sur le sommeil ?

Pourquoi des insomnies peuvent apparaître lors de la ménopause ? Quels sont les facteurs qui les favorisent ? Comment y remédier naturellement ?

MIS À JOUR PAR
Sandra Baliozian
5/7/2021

A l’approche de la ménopause, il n’est pas rare que certaines femmes rencontrent des insomnies. Pourquoi la ménopause peut-elle avoir un impact négatif sur le sommeil et comment lutter contre ces insomnies ? On vous explique.   

Ménopause et insomnie : une problématique fréquente 

Pendant la ménopause et à l’approche de celle-ci, il arrive de rencontrer quelques problèmes de sommeil. Si vous traversez actuellement cette période, et que vous souffrez d’insomnies, sachez que vous n’êtes pas seule ! 

On estime qu’environ 1 femme sur 3 est concernée par l’insomnie au moment de la ménopause. 

Dans la plupart des cas, ce symptôme gênant n’attend pas la ménopause elle-même pour apparaître. Il s’installe progressivement dès la péri-ménopause, c’est-à-dire la phase qui précède l’arrêt définitif des règles.

Périménopause et insomnie : quelques explications 

En effet, alors que la ménopause survient généralement autour de 50 ans, les premiers signes annonciateurs peuvent quant à eux apparaître dès l’âge de 40 ou 45 ans.


La périménopause ou préménopause, correspond au début des dérèglements hormonaux de la ménopause. Concrètement, il s’agit d’une diminution du nombre de follicules ovariens, qui s’accompagne d’une baisse des taux d’œstrogènes et de progestérone.

Ces modifications entraînent généralement un certain nombre de symptômes, les plus courants étant :

  • une irrégularité des règles ;
  • une prise de poids ;
  • de la fatigue ;
  • des dérèglements psychologiques (nervosité, angoisse) ;
  • des troubles du sommeil.

Bon à savoir : Dans certains cas, la préménopause n’entraîne aucun symptôme particulier. Vous n’avez pas à vous en inquiéter, au contraire !


Comment la ménopause agit-elle sur votre sommeil ?

Si les troubles du sommeil sont si fréquents à la ménopause, c’est parce que celle-ci se trouve au croisement de nombreux facteurs favorisants.

L’âge, un facteur déterminant pour la qualité du sommeil

La qualité et la structure du sommeil évoluent avec l’âge. En effet, le sommeil profond, qui correspond à la phase de sommeil la plus réparatrice, est particulièrement long pendant l’enfance, avant de se stabiliser à l’âge adulte.

Seulement, à partir de 50 ou 60 ans, la part de ce sommeil profond et paradoxal diminue, au profit d’un sommeil plus léger, sensible aux stimuli extérieurs. C’est pourquoi la plupart des seniors ont des nuits plus difficiles, marquées par des réveils nocturnes plus ou moins fréquents.

Bouleversements hormonaux et troubles du sommeil

En préménopause, et de manière plus marquée pendant la ménopause elle-même, la sécrétion de plusieurs hormones est altérée : c’est notamment le manque d’oestrogène et de progestérone qui sont responsables des symptômes désagréables de la ménopause, y compris l’insomnie. 


Pourquoi ? 

  1. Car la progestérone permet de réguler l’humeur, et donc de favoriser l’endormissement. 
  2. Parce que l’œstrogène est impliquée dans la régulation de la température corporelle.

→ La baisse de ces deux hormones s’accompagne souvent d’une diminution de la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil qui favorise notre endormissement et un bon sommeil. Du point de vue hormonal, tous les ingrédients sont donc réunis pour favoriser l’insomnie.

Bouffées de chaleur et sueurs nocturne liées à la ménopause : l’insomnie favorisée

Lors de la ménopause, le sommeil des femmes est souvent perturbé par les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, qui sont des symptômes extrêmement fréquents liés aux modifications hormonales. Stressantes et désagréables, parfois accompagnées de palpitations, les bouffées de chaleur ne favorisent pas la relaxation propice au sommeil ! Quant aux sueurs nocturnes, elles sont un facteur fréquent d’insomnie et de réveil nocturne.

Bon à savoir : 50 à 80% des femmes sont concernées par les bouffées de chaleur à la ménopause.


Augmentation du stress et de l’anxiété : une cause majeure d’insomnie

Autour de la ménopause, les troubles de l’humeur ne sont pas rares : émotions vives, irritabilité, humeurs changeantes...les bouleversements hormonaux peuvent générer de l’anxiété et du stress. Et ce particulièrement chez les personnes ayant à la base un terrain anxieux. 


Or, on sait que le stress est la première cause de l’insomnie psychophysiologique, et ce à tout âge. Là où le stress correspond à une réponse du corps à un stimulus extérieur (événement perturbant, charge de travail importante…), l’anxiété est un sentiment d’inquiétude diffus et permanent, dont les causes sont souvent plus difficiles à identifier. Dans les deux cas, cela se manifeste par une augmentation de l’activité cérébrale et un organisme en alerte, qui retardent et compliquent l’endormissement, et favorisent les réveils nocturnes.

Comment retrouver un sommeil de qualité malgré la ménopause ?

Fort heureusement, l’insomnie à l’approche de la ménopause n’est pas une fatalité ! Ni l’insomnie en général d’ailleurs. Nous avons rassemblé pour vous quelques mesures simples pour diminuer vos problèmes d’insomnie à cette période si particulière de la vie.

Insomnie et ménopause : que faire ?

Avoir un sommeil de qualité, cela s’apprend. Même à la ménopause, vous pouvez tout à fait mettre en place de nouvelles habitudes pour aider votre corps à reprendre naturellement le chemin du sommeil. 

Par exemple : 

  • Limiter la consommation de thé, de café et d’alcool : le thé et le café sont des excitants, consommés dans l’après-midi et bien sûr en soirée, ils peuvent retarder l’endormissement. Quant à l’alcool, son effet relaxant est de courte durée, c’est un faux-ami du sommeil, notamment car il limite la durée du sommeil paradoxal et augmente la température corporelle. 
  • Abaisser la température de la chambre : pour bien dormir, la température corporelle doit diminuer. Si vous dormez dans une pièce trop chaude, votre endormissement et votre nuit peuvent être perturbés. Cela est d’autant plus vrai si vous souffrez de bouffées de chaleurs ou de sueurs nocturnes. On préconise une température de 18-19 degrés.
  • Utiliser des techniques de gestion du stress avant de dormir, comme la méditation, l’auto-hypnose, l’ASMR ou encore la sophrologie.
  • Limiter l’usage des écrans avant l’heure du coucher : leur lumière bleue diminue la production de mélatonine.
  • Éviter les dîners trop copieux : une digestion difficile peut perturber votre sommeil.
Pour compléter ces quelques conseils et aller plus loin, découvrez notre article phare : 25 actions qui ont fait leurs preuves contre l’insomnie

Troubles du sommeil à la ménopause : les solutions spécifiques

En plus de ces bonnes habitudes, utiles à tout âge, il existe aussi des solutions spéciales pour soulager l’insomnie liée aux bouleversements de la ménopause.

Vous pouvez par exemple :

  • Prendre de la mélatonine pour faciliter l’endormissement, ou même mieux, la stimuler naturellement !
  • Consulter votre médecin, qui pourra vous prescrire de la progestérone naturelle dès la pré-ménopause → en agissant sur certains récepteurs du cerveau, la progestérone permet d’augmenter le sommeil profond.
  • Toujours auprès du médecin ou du gynécologue, envisager un traitement hormonal substitutif (THS). Efficaces sur les troubles du sommeil, ces traitements ont néanmoins parfois mauvaise réputation, en raison du risque cardiovasculaire qu’ils peuvent engendrer.
  • Consulter un homéopathe pour prendre des traitements contre les bouffées de chaleur.


Vous êtes en ce moment en ménopause ou périménopause et rencontrez des problèmes de sommeil ? N’hésitez pas à nous parler de vos insomnies en commentaires ci-dessous et à nous dire comment vous les gérez.

Sleepie vous remercie !
Oops! Something went wrong while submitting the form.
© 2020 Acme. All right reserved.